La photographie devient le lieu où s'exerce une critique de la représentation par les moyens même de la représentation (Michel Makarius, auteur de Une histoire du flou).
Périmés depuis trente-deux années, les films avec lesquels je travaille offrent une vision altérée de la réalité. Constituée de couches chimiques vidées de leur substance, de leur force, exsangues, cette réalité témoigne pourtant d'une vitalité hors du temps.
Sans traitements ni retouches, je m’applique à exprimer une tension entre la matière, la disparition et la mémoire. La pellicule n’est pas seulement un support, elle incarne le corps vivant de l’image.
D'une part, j'interroge le langage silencieux des lignes féminines. En dévoilant ce qu'une femme dissimule, je souhaite que chaque courbe, chaque cicatrice devienne la mémoire visuelle, l'archive sensible d'un vécu. Il s'agit d'une réappropriation du corps de la femme, de sa force et de ses transformations, inscrite dans un questionnement plus vaste sur la représentation. L'effacement des femmes dialogue avec celui du film, glissant vers la frontière instable entre présence et disparition.













D'autre part, la représentation par la pellicule périmée devient la métaphore physique de l’érosion d’une Venise condamnée à s’effacer lentement sous l’effet de l’eau, des algues, du dérèglement climatique mais aussi du tourisme de masse.







































Enfin, je cherche à fixer ce qui échappe, ce qui disparait. Si Venise est appréciée tel patrimoine mondial, les férias peuvent, dans le sud-ouest de la France, être considérées comme patrimoine régional. Entre ville en sursis et tradition populaire menacée de violences et de saturation, je photographie une esthétique de l'incertitude. Ce qui fait sens n'est pas ce qui est net, mais ce qui s'efface.
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Exsangues
La photographie devient le lieu où s'exerce une critique de la représentation par les moyens même de la représentation (Michel Makarius, auteur de Une histoire du flou).
Périmés depuis trente-deux années, les films avec lesquels je travaille offrent une vision altérée de la réalité. Constituée de couches chimiques vidées de leur substance, de leur force, exsangues, cette réalité témoigne pourtant d'une vitalité hors du temps.
Sans traitements ni retouches, je m’applique à exprimer une tension entre la matière, la disparition et la mémoire. La pellicule n’est pas seulement un support, elle incarne le corps vivant de l’image.
D'une part, j'interroge le langage silencieux des lignes féminines. En dévoilant ce qu'une femme dissimule, je souhaite que chaque courbe, chaque cicatrice devienne la mémoire visuelle, l'archive sensible d'un vécu. Il s'agit d'une réappropriation du corps de la femme, de sa force et de ses transformations, inscrite dans un questionnement plus vaste sur la représentation. L'effacement des femmes dialogue avec celui du film, glissant vers la frontière instable entre présence et disparition.













D'autre part, la représentation par la pellicule périmée devient la métaphore physique de l’érosion d’une Venise condamnée à s’effacer lentement sous l’effet de l’eau, des algues, du dérèglement climatique mais aussi du tourisme de masse.
















Enfin, je cherche à fixer ce qui échappe, ce qui disparait. Si Venise est appréciée tel patrimoine mondial, les férias peuvent, dans le sud-ouest de la France, être considérées comme patrimoine régional. Entre ville en sursis et tradition populaire menacée de violences et de saturation, je photographie une esthétique de l'incertitude. Ce qui fait sens n'est pas ce qui est net, mais ce qui s'efface.























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